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TOGO: Rien de spécial ne viendra sauver le pays le 31 juillet 2018, pas même la CEDEAO

TOGO: Rien de spécial ne viendra sauver le pays le 31 juillet 2018, pas même la CEDEAO

C’était prévu pour durer maximum 10 jours. Presque 5 mois plus tard l’impasse est là et aucune solution en vue. Le dialogue piétine et chacun espère des recommandations contraignantes de la CEDEAO le 31 juillet 2018 pour s’extirper et expliquer à sa manière lesdites recommandations en tirant la couverture vers soi. Les uns et les autres s’accrochent à cette date comme une bouée de sauvetage. Or tous savent qu’elle ne sera pas la panacée qui permettra de régler la question essentielle de la succession dynastique qui pollue la vie politique depuis 51 ans.

Si cette organisation presque mafieuse pourrait faire quelque chose pour le Togo, il y a longtemps qu’elle taperait du point sur la table et demanderait au seul plus jeune dictateur de la sous-région, le seul despote à faire trois mandats et qui use du dilatoire pour en faire un 4è puis un 5è mandat, à vider le plancher.

En réalité le syndicat des Chefs d’États de la CEDEAO ne demandera JAMAIS à Faure Gnassingbé de quitter le pouvoir et de ne plus se représenter en 2020. Car il a assisté auprès de son père à l’ascension de tous ses collègues qui étaient dans l’opposition à la magistrature suprême. Feu son dictateur de papa Eyadèma étant dans toutes les combines dans l’espace communautaire, détiendrait de nombreux dossiers (légués à son fils) sur ceux-là qui sont devenus membres à part entière du syndicat.

N’espérons donc rien de la CEDEAO ni de tous les réseaux mafieux qui ont besoin du Togo dans leurs basses besognes. Le 31 juillet, il sera simplement question des réformes constitutionnelles et institutionnelles, ce que le gouvernement avait déjà prévu et proposé à l’assemblée nationale monocolore, la refonte du cadre électorale, un gouvernement de large union. Par rapport à ces avancées, qui en réalité n’en sont pas, la CEDEAO va exiger à toutes les parties en conflit de se rendre aux urnes. En ce qui concerne le départ de Faure Gnassingbé en 2020, l’organisation sous-régionale demandera que ce problème soit posé et résolu entre Togolais. Et chacun connaît déja la suite.

La seule réponse à la dictature cinquantenaire demeure le peuple togolais à travers la rue et la désobéissance civile. Si 5 mois plus tard Faure Gnassingbé n’a jamais été conduit vers la sortie et refuse d’appliquer les accords de Ouaga signés 12 ans plus tôt, ce n’est pas maintenant qu’il serait forcé à abdiquer.

Froidement faisons les analyses et reconnaissons les insuffisances de la communauté dite internationale dans le dossier togolais. Elle est de mèche avec les usurpateurs qui fournissent des contingents militaires dans de nombreux conflits sur le continent et se servent du pays comme plaque tournante dans de nombreux coups tordus qui alimentent les réseaux obscurs des décideurs de ce monde.

Il est donc hors de question de se faire enfariner dans des solutions qui prolongeraient la longévité d’un système despotique et clientéliste. La survie des générations futures doit s’obtenir par la détermination de tout Togolais et de son implication dans la juste cause qui reste la liberté et la démocratie.

Anani Sossou

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