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Jeune Afrique: Moi François Soudan, journaliste, patron de l’éthique et de la déontologie

Jeune Afrique: Moi François Soudan, journaliste, patron de l’éthique et de la déontologie

Ma femme est ministre de la culture dans le gouvernement du très démocrate président congolais Denis Sassou Nguesso qui fait du Congo Brazzaville depuis plus de 33 ans sa propriété privée, pays sur lequel il a acquis un titre foncier. Et cela ne me dérange pas de couvrir l’actualité de ce pays.

J’ai mes entrées dans tous les palais feutrés des dictatures africaines que je prends plaisir à menacer si d’aventure les potentats refusent de me prendre au téléphone ou de me recevoir pour des interviews taillées sur mesure, des pages spéciales ou pour faire de la publicité.

Je peux encenser ou écrire au vitriol selon ma connivence du moment et selon mes intérêts. Ainsi en deux parutions de mon hebdomadaire je peux souffler le chaud et le froid.

D’ailleurs comment peut-il en être autrement si l’origine du torchon au sein duquel j’écris provient des réseaux Foccart et De Gaulle pour couvrir les basses besognes en Afrique francophone depuis les indépendances en 1960.

Mon patron Béchir Ben Yahmed est le grand pote des satrapes africains et son grand ami est Ben Ali prix Nobel de la démocratie, qui d’ailleurs était actionnaire dans Jeune Afrique pendant plusieurs années comme l’avait révélé à plusieurs reprises « Le Canard Enchaîné » qu’on ne pourra jamais attaquer en justice pour la véracité de ses écrits.

Je suis le chantre de l’éthique et de la déontologie. Et je permets le renvoi de tous les journalistes qui ne suivent pas la logique du Groupe.

La seule peau de banane qui a failli me faire tomber est le pugnace président rwandais Paul Kagamé, qui malgré mes menaces que j’alterne avec mes encensements, m’a zappé comme les Togolais zappent TVT. J’étais obligé malgré mes habitudes de courber l’échine devant lui.

Merci aux dictateurs qui me permettent de m’engraisser et dont presque tous renflouent les caisses de Jeune Afrique. Y compris les pauvres africains qui achètent mes feuilles de choux à 1900 fcfa chaque semaine pour se faire endoctriner par ceux-là mêmes qui les réduisent à la pauvreté.

JE SUIS LE MEILLEUR JOURNALISTE ET JE M’APPELLE FRANÇOIS SOUDAN.

Anani Sossou

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