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Cameroun: de cet outrage au Chef de l’Etat dont on accuse Nganang

Cameroun: de cet outrage au Chef de l’Etat dont on accuse Nganang

On lit, ici et là sur Internet, des textes soutenant l’arrestation, depuis six jours à Yaoundé, de l’écrivain et universitaire camerounais Patrice Nganang qui serait accusé d’outrage et de menaces de mort contre le chef de l’Etat pour avoir publié sur sa page Facebook un texte dans lequel il menaçait de donner une balle « exactement dans le front » de Paul Biya s’il se retrouvait en face de ce dernier avec un fusil.

Sortons de nos lâches mensonges ! L’outrage au chef de l’Etat et aux institutions de la République ne tient la route que dans des pays où ces institutions en valent la peine. Le respect dû à ces institutions est lié au fait qu’elles émanent, dans les Républiques démocratiques, de la volonté du peuple souverain.

Mais dans des républiques bananières, ordurières et démissionnaires comme le Cameroun, le Togo, les deux Congo, le Gabon, le Tchad… où ces institutions ont été usurpées depuis des décennies par des gangs sanguinaires contre la volonté des peuples, leurs représentants ne méritent aucun respect, et doivent, au contraire, être vilipendés et combattus par tous les moyens.

Nous feignons de nous indigner, avons été conditionnés par nos dictatures de feindre de nous indigner devant une injure ou une menace lancée contre nos chefs d’Etat en faisant semblant de ne pas comprendre que la présence même de ces individus à la tête de nos Etats est une injure séculaire lancée à nous en plein visage. Nous critiquons un écrivain qui menace de mort un chef d’Etat ayant hypothéqué toute perspective de développement de son pays depuis plus de trente ans, sans comprendre que le fait que ce vieux tyran s’accroche au pouvoir est une mise à mort de millions de jeunes, d’adultes et de vieux de son pays.

Nous nous indignons, pleurons devant les images de nos frères vendus en Libye comme esclaves, sans oser nous avouer que c’est la calamiteuse gestion de nos pays orchestrée par Paul Biya, Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Faure Gnassingbé, Ali Bongo, Idriss Debi… qui a conduit les jeunes de leurs pays à ce suicide, et que ces gens-là ne méritent que notre mépris et notre haine.

Ma position personnelle sur ce sujet est tranchée depuis longtemps. Faure Gnassingbé, celui qui se dit président de mon pays, le Togo, depuis 12 ans, qui a fait tuer un millier de Togolais pour accéder au pouvoir en 2005, et qui en tue chaque jour pour se maintenir au pouvoir, ne mérite et ne méritera jamais aucun respect de moi. Et le jour où j’apprendrai qu’il a crevé (à défaut d’avoir l’occasion de me retrouver devant lui avec une arme pour lui loger une balle « exactement dans le front»), le jour où j’apprendrai que ce tyran a défunté, je ne verserai même pas une brindille de larme sur sa dépouille, au contraire je lèverai une coupe en signe de respect pour la mort.

David Kpelly, chroniqueur  Etiame.com

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