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TOGO.  Faure Gnassingbé ou l’autopsie d’un étrange et faux otage

TOGO. Faure Gnassingbé ou l’autopsie d’un étrange et faux otage

Il y a une logique, défendue par certains amis, qui avance que si Faure Gnassingbé s’accroche au pouvoir, ce n’est pas de son plein gré, qu’il aurait voulu démissionner mais serait empêché par un groupe de militaires et de civils tapis dans l’ombre qui l’ont placé sur le trône pour garder leurs privilèges. Cette logique pousse son propre cynisme, sa propre incohérence jusqu’à placer Faure Gnassingbé dans le rôle d’une victime pour qui on devrait prier pour que ses ravisseurs le libèrent.

Ce raisonnement, rappelons-le, avait déjà fleuri au temps du règne du père de Faure Gnassingbé, le hideux soldat analphabète Eyadema Gnassingbé. On avait voulu nous faire croire que le dictateur préhistorique était prêt à lâcher le pouvoir, mais y était maintenu de force par le même groupe de militaires et de civils accrochés à leurs avantages.

Sortons de nos balivernes, enfin ! Faure Gnassingbé n’est en rien, alors rien, pris en otage par qui que ce soit. Il est maître, a toujours été maître du bateau ivre qu’il conduit depuis 12 ans dans la mer de sang, de larmes, de sueur, de morve des Togolais. Faure Gnassingbé est le premier commanditaire de l’assassinat de tous les Togolais tués pour qu’il vienne au pouvoir et s’y maintienne. Rien, ni dans les mots, ni dans les actes, ni dans la démarche, ni dans les projets du fils d’Eyadema n’a jamais montré qu’il n’est pas d’accord avec la macabre fête organisée par le gang dont il est à la tête.

Un otage qui mange tranquillement, boit tranquillement, dort tranquillement, se réveille tranquillement, plante tranquillement des grossesses dans tous les utérus qui croisent sa route, jouit tranquillement, voyage tranquillement, vit tranquillement depuis 12 ans sans rien tenter, malgré ses réseaux, ses contacts, son influence, pour se libérer de ses bourreaux ?

L’histoire politique de notre pays nous a montré plusieurs fois des hommes et femmes qui, ne voulant plus collaborer avec la dictature, ont claqué la porte, des fois au prix de leur vie. Faure Gnassingbé ne peut pas ne pas avoir pu trouver le moindre moyen, depuis 12 ans, de se désolidariser de la dictature s’il en avait vraiment envie.

Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, on peut encore lui montrer un moyen pour, enfin, nous prouver qu’il n’est pas à la tête du Togo par sa propre volonté. Qu’il se tire deux balles dans la tête en laissant derrière lui une note où il explique comment il a été pris en otage depuis 12 ans.

Je serai l’un de ceux qui l’applaudiront et l’élèveront en héros s’il pose cet acte héroïque, le seul, peut-être, qu’il lui reste encore pour ennoblir sa piteuse, horrible et détestable existence.

David Kpelly – chroniqueur  à www.etiame.com

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