Partager
TOGO. Remous au sein du RPT/UNIR. Les langues se délient. Le parti va-t-il imploser?

TOGO. Remous au sein du RPT/UNIR. Les langues se délient. Le parti va-t-il imploser?

Beaucoup le disent et le claironnent même. Le RPT/UNIR est un parti soudé où aucune critique ne sort ou ne se déballe sur la place publique.

Cette réalité est tenable dans la mesure où ce parti a le même fonctionnement que « Russie Unie » le parti du tsar russe Vladimir Poutine et le « Parti du travail de Corée » du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un partis dans lesquels aucune critique n’est tolérée, aucune voix dissonnante ne doit s’élever au-dessus de celle du Président-fondateur. Étant entendu que c’est le « Guide éclairé » qui a fait ses militants et ses hauts gradés et que tous lui doivent tout.

Le RPT/UNIR, quoi qu’on dise, est le reflet d’un parti obscurantiste par excellence, le parti dans lequel le simple platon, le simple militant a déjà peur de prononcer le nom du « chef de gang » Faure Gnassingbé. Le parti dans lequel il est interdit de dire haut ce qu’on pense tout bas.

Mais depuis le 19 août dernier, les lignes semblent bouger. Les critiques fusent. Même si pour l’instant elles se font entre amis de confiance, entre camarades de parti avec qui on a des liens forts, des liens de sang, même si ce sont des membres de famille qui ne partagent pas une même ligne politique.

Il nous revient depuis ces dernières semaines et de façon incessante que nombre de militants et cadres du parti pourri et moribond présidentiel ne cessent de dire en privé tout le mal qu’ils pensent du camarade Faure Gnassingbé. Ils réclament même que ce dernier se prononce pour son départ du pouvoir en 2020 pour laisser une chance au parti de prospérer au-delà de son bienfaiteur-président.

Mieux certains des dirigeants dont nous taisons pour l’instant les noms, veulent provoquer une catharsis au sein de leur formation politique pour qu’enfin les militants prennent la mesure de l’urgence de la situation dramatique au Togo pour  évaluer les dégâts déjà causés et demander qu’une personnalité puisse sortir du lot pour être un candidat sérieux pour la succession de Faure Gnassingbé aux élections présidentielles de 2020 dont ils ne souhaitent plus que leur champion postule.

Dans le même temps des caciques que d’autres militants du parti affublent du sobriquet de « bornés » à l’instar de Solitoki Esso, Fambaré Natchaba, Foli Bazi Katari ou l’éternel Barry Moussa Barqué n’entendent pas aller vers le progrès et défendent mordicus la tenue d’un référendum, thèse qu’ils entendent défendre au cours du dialogue qui s’annonce afin d’imposer la logique du patron qui affirme à qui veut l’entendre qu’il n’est pas au-dessus des institutions dont l’Assemblée nationale qui a voté pour un référendum sur la Constitution.

Si pour l’instant les « Réformateurs » comme ils se nomment, disent suivre l’évolution de la situation au sein du parti et dans le pays avant de lancer les hostilités, ils n’entendent pas rester mous et les bras croisés pour subir un diktat.

« Ce sera une guerre ouverte. Réformateurs contre caciques. Mais le bon sens l’emportera. Nous avons le sens du compromis » nous confie un membre du nouveau bureau sorti du congrès de Tsévié.

Reste à savoir qui en sortira de cette guerre larvée qui s’annonce fratricide. Et si le parti pourra résister à un pareil chamboulement au risque d’imploser.

Anani Sossou

Laissez un commentaire