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Chronique: Refusons le tribalisme comme moyen de lutte au Togo

Chronique: Refusons le tribalisme comme moyen de lutte au Togo

Les effets collatéraux les plus détestables de la lutte du peuple togolais contre la dictature sont le tribalisme et les crimes abominables perpétrés par des militaires et les milices criminelles du régime Rpt/Urine.
Sur les réseaux sociaux, se déchaînent des individus qui déversent leur haine tribale en ciblant deux ethnies en particulier. Il s’agit d’un dévoiement de la lutte politique.

Notre lutte n’est contre aucune ethnie, elle cible un régime criminel et illégitime. Aucune ethnie n’est au pouvoir, aucune ethnie ne représente l’opposition.

Notre lutte est celle de tout un peuple. De Aného à Dapaong, c’est la même misère, le même chômage, la même déliquescence des infrastructures socioéconomiques. Partout, de Niamtougou, Kara, Bassar à Kpalimé, Danyi, Kévé, Bafilo en passant par Kantè, Mango, Anié, Atakpamé, Vogan…, nos compatriotes meurent comme des mouches faute de soins et de moyens pour se soigner.

Chaque année, ce sont 50 000 chômeurs qui se déversent sur le marché de l’emploi sans grand espoir. Et parmi eux, des milliers de jeunes gens très diplômés. Cette armée de chômeurs appartient à toutes les ethnies sans distinction.
Agiter l’arme du tribalisme est une diversion criminelle par rapport à la lutte du peuple togolais. Le pouvoir fasciste a toujours eu recours à cette arme sous Eyadèma qui avait créé deux catégories de Togolais : les Togolais à part entière et les Togolais entièrement à part. C’est-à-dire ceux qui le soutenaient et ceux qui le combattaient.

Il est curieux que ce soit au moment où les Togolais ont brisé la frontière politique nord-sud que surgit ce tribalisme qui cible deux ethnies. C’est ici le lieu de féliciter tous les compatriotes Kotokoli et Kabye qui combattent ce tribalisme ciblant leur ethnie respective, en dénonçant, sans complaisance, ceux des leurs qui s’amusent à ce jeu macabre. Il nous appartient à tous de refuser la diffusion des messages écrits et audio de haine tribale provenant des réseaux sociaux.

La politique du bouc émissaire ethnique ne fait pas partie de la lutte libératrice du peuple togolais. On ne se libère pas pour mettre des fers aux pieds de son prochain. Notre lutte est une lutte pour les droits de l’homme, pas une lutte pour instaurer un nouvel Apartheid.

L’État républicain et démocratique aura pour objectif le développement et le bien-etre du citoyen et non l’enrichissement d’une minorité crapuleuse et voleuse. Ne nous trompons pas de combat. Les moments difficiles que vit notre peuple ne sauraient s’accommoder de ces bêtises.

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

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