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Adoboli, le trader de l’UBS fêtard, généreux aimant les jolies filles

Adoboli, le trader de l’UBS fêtard, généreux aimant les jolies filles

L’homme qui a fait perdre 1,5 milliard d’euros à UBS, immigré africain, a suivi un parcours sans faute de la méritocratie à l’anglaise. Il va rester en prison jusqu’au 22 septembre.

L’homme qui a fait perdre 1,5 milliard d’euros à UBS, immigré africain, a suivi un parcours sans faute de la méritocratie à l’anglaise. Il va rester en prison jusqu’au 22 septembre.

C’est lui-même qui, en désespoir de cause, aurait alerté sa hiérarchie de sa perte. Le «miracle» qu’il avait appelé de ses vœux sur sa page Facebook huit jours auparavant n’étant pas arrivé, Kweku Adoboli, le trader d’UBS n’a pu qu’avouer une «paume», comme on dit dans la finance, de 1,5 milliard d’euros avant d’être arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi par la police de la City de Londres. A 31 ans, ce Ghanéen d’origine avait jusque là affiché un parcours sans faute, bel exemple de méritocratie dans la haute finance. Fils d’un employé des Nations Unies, il a grandi près d’Accra avant de suivre son père au gré de ses postes en Israël, en Syrie et en Irak. Pour ses études secondaires, il est envoyé dans un chic pensionnat privé d’Angleterre, où il a laissé le souvenir d’un élève travailleur et sociable. Il ne suit pas la voie royale des universités prestigieuses comme Oxford ou Cambridge mais obtient un diplôme en informatique à l’université de Nottingham.

Jeune diplômé, Kweku Adoboli entre chez UBS à Londres en 2006 comme stagiaire puis est embauché au back office, où il acquiert la connaissance de l’architecture des deals financiers. Il est ensuite transféré à un desk de trading, Delta One, spécialisé sur les ETF (exchange traded funds), des produits dérivés sophistiqués spéculant sur l’évolution des marchés. Avec son salaire à six chiffres, l’immigré africain ayant réussi cumulait à la fois les clichés habituels des golden boys et une personnalité particulière. Sur ses photos, en jean et sweat-shirt à capuche, on aurait pu le confondre avec un émeutier juvénile des quartiers défavorisés de Londres.

Première fraude présumée en 2008

Le trader habitait dans un quartier tendance de l’East End, non loin du siège de sa banque près de Liverpool Street. Jusqu’à l’an dernier, il louait un loft de 300 mètres carrés pour 5000 euros par mois, où il donnait régulièrement des soirées mémorables avec DJ et alcools à profusion, avant de déménager pour un appartement encore plus grand avec vue sur la City. Fêtard, amateur de jolies filles, de vins fins argentins et passionné de foot, c’est aussi aux dires de ses amis, collègues ou voisins, un garçon très élégant, attentionné et généreux. Gros bosseur, il rentrait rarement chez lui avant minuit ces dernières semaines de tempête sur les marchés. Il avait prêté récemment à l’un de ses amis financier le roman Le loup de Wall Street, où l’ex-trader américain Jordan Belfort raconte comment il a détourné 200 millions de dollars avant de finir en prison.

A la nouvelle de son arrestation, son père, John Adoboli, a déclaré que la famille «vivant dans la crainte de Dieu» avait le «cœur brisé car la fraude n’est pas dans nos valeurs».

Le tribunal londonien a décidé, à l’issue d’une première audience, de maintenir en détention Kweku Adoboli, inculpé «d’abus de position et fraude comptable». Il va donc rester en prison jusqu’à sa prochaine comparution devant la justice le 22 septembre. D’après l’acte d’accusation dévoilé à l’audience, la première fraude présumée remonterait à 2008.

lefigaro.fr

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