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Togo: Une affaire de riz toxique défraie la chronique à Lomé

Togo: Une affaire de riz toxique défraie la chronique à Lomé

Importé par la société Elisée Cotrane de Julie Béguédou (une amie de Faure Gnassingbé), un riz soupçonné toxique fait grand bruit à Lomé. Face à la légèreté avec laquelle les autorités traitent le problème, la presse ainsi que les associations de consommateurs et des formations politiques exigent une contre expertise.

Importé par la société Elisée Cotrane de Julie Béguédou (une amie de Faure Gnassingbé), un riz soupçonné toxique fait grand bruit à Lomé. Face à la légèreté avec laquelle les autorités traitent le problème, la presse ainsi que les associations de consommateurs et des formations politiques exigent une contre expertise.

Le 08 août 2011, le navire Vanessa C a débarqué au Port Autonome de Lomé (PAL) avec à son bord, 9. 101 tonnes de riz en vrac. Curieusement, la surface du riz était couverte de cendre. Une inspection des services phytosanitaires va révéler qu’il s’agissait d’un produit de fumigation, appelé Fumitoxin. A l’unanimité, les inspecteurs auraient alors déclaré ce riz impropre à la consommation et recommandé le rapatriement de ma marchandise.

Selon nos informations, le Fumitoxin contient des agents actifs comme des phosphines dont le gaz est hautement toxique pour les insectes mais également pour les êtres humains. Nonobstant, la marchandise a été débarquée au port.

Rappelons que la Société importatrice appartient à Julie Béguédou, une « amie » au Chef de l’Etat. Une tentative du ministre des Finances et celui du Commerce afin de confier le monopole d’importation du riz à cette dernière avait soulevé la colère des autres importateurs et conduit au limogeage du ministre du commerce Kokou Gozan.

Julie Béguédou qui réfute toute allégation de toxicité de sa marchandise, a déclaré lors d’une conférence de presse le 17 août 2011, que «le riz provenait des Etats-Unis, où il est pris un grand soin des produits alimentaires». Or, un document du PAL sur la «situation journalière des navires», précise que le navire Vanessa C, qui a accosté au PAL le 08 août 2011, venait du Kohsichang (Koh Si Chang). Située à 100 km de la capitale du Thaïlande, la petite île du Koh Si Chang est réputée être un point de stationnement des bateaux de chargement du riz mais est aussi décriée pour son déficit en hygiène. Mais de source proche de la directrice, la société détient les documents prouvant que le riz vient des Etats-Unis.

La Directrice de Elisée Cotrane a en outre reconnu que «les agents phytosanitaires du Togo n’ayant pas l’habitude de constater ce type de chargement (riz en vrac: Ndlr) ont procédé à des analyses qui ont révélé qu’il y a eu des taches du produit de fumigation sur les couches superficielles du riz chargé, car ce n’est pas dans les sacs. Les services phytosanitaires ont donc préféré que la couche concernée soit alors prélevée et détruite, ce qui a été effectué», d’après ses déclarations.

Cette information a été confirmée dans un communiqué par le ministre du Commerce, Arthème Ahoomey-Zunu qui tout en niant à son tour le caractère toxique du riz, a indiqué que «le procès verbal d’inspection souligne par ailleurs que le stock en cause a été enlevé à titre de précaution et est en attente de destruction, conformément à la procédure habituelle». Une version un peu en déphasage avec celle de Julie Béguédou qui a affirmé que la couche prélevée, a été détruite.

Or, selon d’autres indiscrétions, la quantité prélevée pour être détruite, est également stockée au même lieu que celle qui est actuellement mis en sac. Par ailleurs, Julie Béguédou est soupçonnée d’importer souvent des produits avariés sur le marché togolais. On rapporte qu’un ancien Président de l’Assemblée nationale s’était offusqué en son temps, que du riz ainsi que du lait concentré servis par Julie Béguédou aux musulmans en guise de cadeaux du Chef de l’Etat, étaient avariés.

Face à cette incertitude sur la qualité du riz en cause, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) a souhaité une contre-expertise. Elle est appuyée dans sa demande par le CAR et l’ANC.

Aux dernières nouvelles, Julie Béguédou a cité le confrère Carlos Kétohou dont le journal a été le premier a publié la nouvelle sur le risque de toxicité du riz, à comparaitre le mercredi 24 août 2011, devant le tribunal de Lomé.

Aghu, KOACO LOME, copyright©koaci.com

Le CAR ne veut pas de riz contaminé au Togo

Depuis quelques jours, des informations alarmantes circulent sur le débarquement au Port Autonome de Lomé (PAL) d’une cargaison de riz toxique destiné à être vendu sur le marché.

Il ressort du rapport de l’inspection de routine de la Direction de Protection des Végétaux que la cargaison de riz a été recouverte durant son transport maritime d’un produit chimique qui s’est transformé en cendres.

Le Gouvernement togolais a déclaré, dans un communiqué en date du 17 Août 2011, avoir recommandé que la surface du riz soit raclée afin d’enlever les cendres résiduelles et s’en est pris paradoxalement aux journalistes qui ont alerté les populations du danger de mise en vente du produit. 

C’est à juste titre que l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) a estimé que le produit en question ne peut être mis sur le marché sans que l’on ait préalablement vérifié par voie d’expertise que l’infection du niveau apparent de la cargaison n’a pas atteint le riz en profondeur.

Le CAR tient à s’associer à la demande de l’Association Togolaise des Consommateurs consistant à mettre sur pied une équipe composée des experts de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), de l’Ecole Supérieure des Techniques Biologiques et Alimentaires de l’Université de Lomé (ESTEBA), de l’Institut Nationale d’Hygiène (INH), d’un représentant des Associations des Consommateurs, le tout coordonné par la CNDH, pour procéder à une véritable expertise de la cargaison. 

Lomé, le 19 Août 2011 

Pour le CAR

Le Secrétaire national 

M. Jean Koffi KISSI

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