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Qui de Ayassor, Houngbo ou Tchamdja favorise l’entreprise CECO-BTP?

Qui de Ayassor, Houngbo ou Tchamdja favorise l’entreprise CECO-BTP?

– Le bricolage de la route Todman aurait  coûté 500 millions FCFA

Au Togo, malgré les directives de l’UEMOA, et surtout des bailleurs de fonds, la corruption et le favoritisme continuent d’être le critère favori de l’attribution des marchés publics.

– Le bricolage de la route Todman aurait  coûté 500 millions FCFA

Au Togo, malgré les directives de l’UEMOA, et surtout des bailleurs de fonds, la corruption et le favoritisme continuent d’être le critère favori de l’attribution des marchés publics.

Lomé est en chantier, clame-t-on souvent du côté du pouvoir, mais comment ces chantiers exécutés en cascade et dans un désordre sans précédent sont-ils attribués?                

Répondant à cette question dans les colonnes du confrère «La Dépêche» dans son numéro 582 du 08 août, le ministre des TP Andjo Tchamdja déclarait: «Les fonds pour exécuter les travaux proviennent de trois sources: le budget de l’Etat, les bailleurs de fonds et les préfinancements», avant d’ajouter: «Les marchés financés sur le budget de l’Etat font l’objet d’un appel d’offres ouvert, le gré à gré n’existe plus». On a bien envie de croire à la réponse du ministre, mais la réalité est souvent tout autre. Et le cas qui défraie la chronique depuis quelque temps est celui relatif aux marchés attribués dans des conditions plus ou moins douteuses à l’entreprise CECO-BTP. 

Comment sont attribués les marchés?

Depuis l’adoption d’un nouveau code de passation des marchés publics, il existe dans chaque ministère, une commission interne des marchés. Cette commission procède à l’étude des marchés à offrir sous la forme  d’un appel d’offre ou d’une consultation. Après évaluation des entreprises, la commission transmet  le dossier au ministre lui-même et non au ministère dont dépend directement la Direction de contrôle des marchés. Suivant ses intérêts, le ministre est libre  de valider ou d’invalider l’attribution. Il nous revient que le plus souvent, le ministre des Finances remet en cause les attributions, engage de nouvelles consultations et attribue les marchés sans l’aval de la Primature. Il rend  compte ensuite au chef de l’Etat qui donne son accord. Et ce n’est qu’après que le dossier revient sur la table du Premier ministre qui, lui, est mis devant le fait accompli. Brièvement, le dossier suit donc 5 étapes: Ministère de tutelle, Direction du contrôle financier du Plan, Direction du contrôle financier, Direction générale du Trésor et enfin Premier ministre si le montant dépasse un seuil donné. C’est donc le ministre Adji Otèth Ayassor qui tranche en dernier ressort, au grand dam de Gilbert Houngbo devenu un simple spectateur. 

Ce nouveau code de passation des marchés a donc permis de  transférer la commission de passation des marchés de la Primature dans les bureaux d’Ayassor qui fait la loi et distribue les marchés comme il veut, en suivant bien évidemment ses propres intérêts. Cette méthode a permis à celui qu’on présente comme très rigoureux, alors qu’il n’en est rien, d’accaparer tous les dossiers d’attribution de marchés, y compris ceux préfinancés par les institutions bancaires, en toute complicité avec des entreprises qui doivent solliciter la caution de l’Etat, notamment du ministère des Finances. On se demande à quoi sert finalement le ministre des TP  et jusqu’où ce dysfonctionnement va aller. Jusqu’à quand le PM et le Ministre  des TP vont continuer par subir la loi d’Ayassor dans l’attribution des marchés publics?

Selon des indiscrétions, le projet de contournement de la faille d’Alédjo va coûter 83 milliards de Fcfa et le marché a été conclu entre Ayassor et les Chinois. Mais chose bizarre, dans l’attribution de ce marché, c’est la même entreprise qui a soumissionné et a étudié la faisabilité, qui exécute et qui va évaluer. Certains parlent même de surfacturation.

Le ministre Adji Otèth Ayassor  dans toutes les magouilles

Profitant de ses «alliances» désormais  familiales avec Faure Gnassingbé, le ministre Ayassor est devenu le tout-puissant du pays. Il nargue proprement la plupart de ses collègues du gouvernement qui sont bien obligés de lui cirer les pompes pour obtenir le déblocage des fonds pour les projets. Quant au Keynésien, nous l’avons dit plus haut, il est devenu un simple spectateur  qui passe son temps à ronger ses ongles.  En s’exprimant dans les colonnes de notre confrère «La Dépêche», le ministre Andjo Tchamdja a cité les chantiers en attente. Curieusement, il n’a dit nulle part que la route Station Agbalépédo-Lycée d’Agoè va être bitumée  à court ou à moyen terme. Et pourtant l’entreprise CECO-BTP est en passe de se voir attribuer ce marché par la bonne volonté du ministre Ayassor et ce, dans des circonstances floues pour un montant de 17 milliards de Fcfa. Officiellement, rien n’a encore été décidé, mais l’entreprise en question a commencé par entreposer du matériel pour un début imminent du chantier. Comment peut-on coller un bitume à des pavés complètement dégradés? C’est cette nouvelle ingéniosité que l’on tente de matérialiser sur la route d’Agbalépédo.  Visiblement le ministre Andjo Tchamdja ne serait pas au courant de cette attribution. Et certainement la Primature du «Pnudien» non plus. Le bricolage du tronçon de Todman a également coûté 500 millions francs cfa. Evaluée au départ à 800 millions par les experts selon nos sources, l’entreprise CECO-BTP qui est toujours moins disant dans ses propositions, a accepté la réfection à un demi-milliard, une somme jugée trop exorbitante par un expert des BTP qui pense qu’en dehors de bitume qui a été refaite, le problème fondamental des inondations de ce quartier n’est pas résolu par ces travaux. 

Il est tout de même surprenant que ceux-là mêmes qui attribuent les marchés à des entreprises sont les mêmes qui les aident à acquérir à coût de milliards des engins.  Dans une de nos précédentes parutions, nous avons mis à nu la fausse rigueur du ministre de l’Economie et des finances qui est au cœur d’un réseau de magouilles allant des régies financières à la privatisation des banques en passant par les attributions des marchés publics. Face à un président complètement embourbé, Ayassor est aujourd’hui le maître incontesté du pays ; comme quoi, qui tient l’argent, tient le pays.

Nous reviendrons dans les moindres détails sur les méthodes peu orthodoxes du ministre Ayassor, notamment la gestion des péages, la privatisation en cours des banques, le dernier emprunt obligataire, la question pétrolière, la gestion des recettes des sociétés d’Etat, les conditions d’attribution du Port Autonome de Lomé à Bolloré et enfin sur la mise à l’écart du Keynésien Gilbert Fossoun Houngbo  définitivement décrédibilisé par le système RPT.

Ferdi-Nando

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