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La Françafrique, certainement. Mais qu’en est-il de la France-à-Fric?

La Françafrique, certainement. Mais qu’en est-il de la France-à-Fric?

Selon l’étymologie «Houphouëtiste», la Françafrique se définit comme l’ensemble des relations entre la France et l’Afrique (noire) francophone. Employé pour la première fois par le défunt président ivoirien, ce terme préconise l’instauration et le maintien d’une relation plus qu’étroite entre les (nouveaux) dirigeants africains et la (grande) France.

Selon l’étymologie «Houphouëtiste», la Françafrique se définit comme l’ensemble des relations entre la France et l’Afrique (noire) francophone. Employé pour la première fois par le défunt président ivoirien, ce terme préconise l’instauration et le maintien d’une relation plus qu’étroite entre les (nouveaux) dirigeants africains et la (grande) France.

Relation étroite à travers une diplomatie parallèle, un ministère dédié (à la francophonie), et des réseaux d’affaires plus qu’occultes qui n’ont d’autres fins que de perpétuer l’assujettissement et la dépendance de ces nations d’Afrique subsaharienne (dites: «anciennes» colonies) envers la «mère patrie» la France (le colonisateur dit: «repenti»).

 

Relation étroite telle celle d’un cavalier et sa monture, dans laquelle cette dernière, dévouée corps et âme à son maître, n’obéit qu’à sa seule voix, allant là où celui-ci la conduit, sans mot-dire. 

Relation étroite qui peut être comparée à celle d’un concubin (endurci) et sa bien-aimée, dans laquelle celle-ci se fait promettre incessamment le mariage sans que cela n’effleure en réalité la pensée de son partenaire, qui lui, sans vergogne aucune, profite de charmes, bourses et copines à lui présentées.

Relation étroite, presque masochiste entre le «monde noir» et le «monde gaulois», dans laquelle l’un décide et l’autre se soumet.

Dans la Françafrique, l’ami exclusif est … la France, le partenaire exclusif est … la France, et le protecteur exclusif demeure … la France. 

Dans cette «amitié exclusive», les matières premières jugées intéressantes par l’une des parties (toujours la même) font l’objet de gros contrats, octroyés de facto à certaines multinationales (plus que nationales) d’outre atlantique. Ces contrats à vie, reconduits de façon tacite, sous-entendus non-négociables et aux closes plus que méconnues et inimaginables viennent enrichir particuliers et État français sans jamais offrir aux populations ouvrières plus que les infrastructures nécessaires à l’acheminement des ces dites-matières. 

C’est ainsi que le café, le cacao, etc., sont achetés à des prix modiques aux abords des champs, acheminés vers des ports, chargés dans des cales de navires par une main d’œuvre banale, en destination des «pays de l’union» où leurs cargaisons valent sept, huit, voire dix fois leurs prix d’achat. 

Pour l’igname, le manioc et le corossol, débrouillez-vous, car «ça ne rapporte rien».

Lors de son dernier passage à Abidjan en juillet 2011, François Fillon, le numéro deux «in charge» aux Studios Champs-Élysées (concepteurs de tous les films d’horreurs sur le continent africain), a dans un discours aux cotés du tout nouveau régisseur du 102ème département français, Drame Man (alias le boucher de Sindou), évoqué la mort «par expiration» de la Françafrique.

Oui la Françafrique est morte, morte parce que «dépassée»! Il faut donc tourner la page.

De même que la cassette audio s’en est allé au profit du Compact Disc, de même la Françafrique a tiré sa révérence, poussé son dernier soupir, faisant la place à un nouveau type de relations «bi-unilatérale».

Après donc cinquante années d’existence, la Françafrique s’est éteinte. Houphouët Boigny a passé le flambeau à Mobutu Sésé Séko qui l’a à son tour remis à Omar Bongo Ondimba qui à sa mort n’a point laissé de successeur légitime au trône. 

Désormais, il faut se familiarisez avec : la France-à-Fric, remplaçante et «demi-sœur jumelle» de la défunte Françafrique. Tel un logiciel informatique, le mode de fonctionnement reste le même, la version, elle, a été revue à la hausse pour des besoins marketing.

Dans la France-à-Fric, l’ami «de référence» est … la France, le partenaire «de référence» est … la France, et le protecteur «de référence» demeure … la France.

De l’amour à la jalousie, on le dit, le pas est vite franchi. C’est pourquoi, évitez d’irriter le «partenaire éternel» en allant flirter avec les autres puissances (de ce bas monde), notamment la Chine (cet autre esclavagiste «in-the-making») au risque de vous faire foudroyer par l’artillerie de la légion française, présente partout sur le territoire post-colonial au service de la France-à-Fric. 

Après avoir bousillé votre pays et ses rares infrastructures modernes, la France (qui aura enfin décoléré) se proposera (volontairement) de tout reconstruire, sur la base de nouvelles «clauses d’amitié» si alléchantes que vous ne saurez comment décliner sans risque de vous brûler.

Les chansonniers de la France-à-Fric, Doumbia Moussa dit Tiken Jah Fakoly et Koné Seydou alias Alpha Blondy adoucirons vos mœurs avec des mélodies enivrantes au cours de caravanes dites de la paie paix qui sillonneront les contrées du pays pour distraire la jeunesse des véritables problèmes de la nation.

Attiéke poisson fumé (AFP), Radio France-à-Fric internationale et les autres médias de la franc-maçonnerie France-à-Fric s’évertueront à rassurer la communauté antinationale que le «problème démocratique» a été réglé et que la réconciliation entre filles et fils du pays est en bonne marche.

Ah, la France-à-Fric! 

Quand la France est endettée, les africains doivent payer la facture. Quand elle a des besoins, l’Afrique doit servir, et quand elle a faim, les enfant africains doivent mourir, de sorte qu’il y ait assez à manger pour les petits gaulois.

Au Sénégal, au Togo, au Bénin au Tchad, au Burkina Faso, au Gabon, en Mauritanie, en Centrafrique et bientôt dans d’autres «ex» colonies (élections présidentielles obligent), les pions de la France-à-Fric sont poussés sur le damier des intérêts agroalimentaires et énergétiques.

En terre d’Ivoire, le pacte colonial vient d’être renforcé par le mendiant du palais d’Abidjan qui continue de contracter des dettes au nom de la «reconstruction du pays», dettes que nous et nos enfants devront payer à… la France, l’ennemie intime de toujours.

Franck Anoh

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