Partager
John Jerry RAWLINGS: «La démocratie en Afrique va à contre sens de la réalité»

John Jerry RAWLINGS: «La démocratie en Afrique va à contre sens de la réalité»

La situation de conflits et de violation massives des droits de l’Homme qui prévaut actuellement sur le continent africain est une entrave sérieuse à l’implémentation effective de la démocratie selon l’ancien président du Ghana John Jerry Rawlings.

La situation de conflits et de violation massives des droits de l’Homme qui prévaut actuellement sur le continent africain est une entrave sérieuse à l’implémentation effective de la démocratie selon l’ancien président du Ghana John Jerry Rawlings.

«Aujourd’hui la démocratie en Afrique a été remplacée par le système des élections mais la démocratie va au-delà des urnes. La vraie démocratie consiste à assurer la liberté d’expression, la diversité linguistique et culturelle qui sont des moteurs très importants et les prémices d’un état de droit»

a-t-il affirmé. «Même la voie des urnes ne respecte plus la voix du peuple à la base, Et du moment où le peuple n’a plus de tribune d’expression l’on ne peut que parler d’un simulacre de démocratie» a-t-il ajouté.

Définissant la démocratie comme «le gouvernement pour le peuple et par le peuple», l’ancien président ghanéen estime que la démocratie telle que vécue de nos jours en Afrique est tronquée au profit des intérêts personnels des dirigeants et ceux géopolitiques de la communauté internationale. En effet, John Jerry Rawlings au regard de son expérience en tant que facilitateur et haut représentant de l’Union Africaine (UA) dans de nombreux conflits sur le continent notamment en Somalie, estime que la démocratie en Afrique va à contre sens de la réalité et des valeurs des droits humains. Citant en exemple d’une part, la tactique de terreur, le tribalisme au sein de l’armée notamment sous le régime Eyadéma, les massacres et les répressions massives des populations et d’autre part, la corruption des personnes et de la justice. «Les gouvernements corrompus ne peuvent pas cohabiter avec des institutions intègres et c’est pour c’est pour cette raison qu’ils font tout pour les détruire en les détournant de leur sens premier».  Des exemples qui pointent du doigt particulièrement les pays francophones où la notion de démocratie balbutie encore.

Toutefois, il impute la responsabilité de cette situation au fait que la plupart des dirigeants africains soient manipulés par les puissances occidentales. En effet, affirme-t-il, «la nature humaine est une chose et la manipulation humaine en est une autre». Dans ce sens, JJ Rawlings a appelé l’Union Africaine à sortir de sa léthargie et à plus d’autonomie. Se prononçant sur l’efficacité de l’UA, l’ancien président du Ghana s’est dit préoccupé par le laxisme du collège des dirigeants africains face aux conflits et à la vague de révolution dans les pays islamiques notamment en Côte d’Ivoire et en Libye.

Partant de là, il a exhorté la jeunesse africaine à écrire sa propre histoire. « Vous êtes la relève de demain et vous ne devriez laissez personne réécrire votre futur et vous volez votre espoir. Vous devez prendre en main votre destin en main et bâtir votre avenir et le moment pour le faire, c’est maintenant » s’est-il adressé à l’ensemble des participantes du programme de leadership féminin MILEAD.

L’ancien président John Jerry Rawlings a tenu à recevoir les 25 jeunes femmes leaders du continent africain du programme afin de les entretenir sur les questions d’actualité relatives aux conflits sur le continent et sur le rôle de la jeunesse africaine.

Lola Akomatsri, crocodile

{jcomments on}