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Egypte: Moubarak et ses fils plaident non coupables, procès reporté au 15 août

Egypte: Moubarak et ses fils plaident non coupables, procès reporté au 15 août

La première journée du procès de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak s’est achevée en début d’après-midi, mercredi 3 août au Caire.

La première journée du procès de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak s’est achevée en début d’après-midi, mercredi 3 août au Caire.

Moins de six mois après la chute de son régime, emporté par une révolte populaire qui a fait 840 morts, selon un bilan officiel, Hosni Moubarak comparaissait dans un procès historique pour l’Egypte et le monde arabe, qui a été diffusé en direct à la télévision publique. La prochaine audience est fixée au 15 août.

Le raïs déchu a plaidé non coupable, rejetant catégoriquement toutes les accusations portées contre lui. M. Moubarak est accusé d’être impliqué dans le meurtre de manifestants et de corruption.

« Toutes ces accusations, je les nie complètement », a-t-il déclaré. L’ancien président comparaissait allongé sur une civière, dans une grande cage à barreaux noirs, dans l’école de police de la capitale aménagée en tribunal. Il restera en détention dans un hôpital des environs de la ville jusqu’à la prochaine audience, à laquelle il devra assister, a annoncé le juge. Alaa et Gamal Moubarak, les fils de l’ancien président accusés de corruption, qui comparaissaient à ses côtés, ont également plaidé non coupable.

Les avocats d’Hosni Moubarak et de son ancien ministre de l’intérieur, Habib El-Adli, ont par ailleurs demandé à entendre comme témoin le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui a été pendant vingt ans le ministre de la défense.

A l’extérieur du tribunal, des centaines de personnes, dont des familles des victimes et des journalistes, étaient rassemblées et suivaient l’audience sur un écran géant. Des partisans de l’ex-président se sont heurtés à ses opposants au petit matin, puis au moment où l’audience était suspendue pour une pause.

Hosni Moubarak, qui est âgé de 83 ans et a régné sur l’Egypte pendant 30 ans, est accusé de conspiration en vue de « commettre des meurtres prémédités et des tentatives de meurtre contre les participants aux manifestations pacifiques en Egypte ». Il est notamment accusé d’avoir « incité des policiers à tirer » sur les manifestants ou à les « terroriser ». S’il est reconnu coupable, M. Moubarak est passible de la peine de mort.

Son avocat, Farid Al-Dib, doit arguer que M. Moubarak est trop malade pour être jugé et qu’il n’a pas autorisé la répression brutale des manifestants. M. Al-Dib a assuré que M. Moubarak souffrait d’un cancer et que, la semaine dernière, il était dans le coma, ce que l’hôpital dans lequel il est soigné pour des problèmes cardiaques a démenti. L’un de ses médecins a affirmé qu’il était dans un état relativement stable mais qu’il était faible, car il refuse de s’alimenter, et est très déprimé.

Important déploiement sécuritaire

Avant le procès, nombreux étaient les Egyptiens à se dire sceptiques sur sa présence dans le box des accusés. D’autres accusaient l’armée, au pouvoir depuis sa démission, de chercher à lui éviter une « humiliation ». Mais mercredi matin, Hosni Moubarak a quitté, à bord d’une ambulance, l’hôpital de Charm el-Cheikh, où il restait confiné dans sa chambre, en détention préventive, depuis le mois d’avril. Il a atterri dans la matinée à l’aéroport militaire d’Almaza, au Caire. Ses fils, comme sa femme Suzanne étaient incarcérés dans la prison de Tora, au Caire.

M. Moubarak a comparu au côté de son ancien ministre de l’intérieur, Habib el-Adli, ainsi que de six hauts responsables de la police. Leur procès doit reprendre dès jeudi 4 juillet. L’homme d’affaires Hussein Salem, un proche des Moubarak, sera, quant à lui, jugé par contumace. Tous devront répondre des accusations de détournement d’argent public et du meurtre de manifestants pendant la révolte.

Devant le tribunal, plus d’un millier de policiers et de soldats étaient déployés pour assurer la sécurité. Des barbelés avaient été placés devant le bâtiment et une dizaine de bus de la police anti-émeutes en gardaient l’entrée. Près de six cents personnes – avocats, familles des victimes, journalistes – ont été autorisées à assister au procès.

lemonde.fr

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