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Eva Joly candidate des verts 2012 en France

Eva Joly candidate des verts 2012 en France

Alors que les résultats officiels du second tour de la primaire seront connus demain, la candidate franco-norvégienne semble largement en tête.

Alors que les résultats officiels du second tour de la primaire seront connus demain, la candidate franco-norvégienne semble largement en tête.

Les écologistes ont décidé de passer un été tranquille… Cette fois-ci, pas de psychodrame, pas de second dépouillement ou de vote ultra-serré pour désigner leur représentant à la présidentielle. En 2012, la candidate sera Eva Joly. Et de loin. Selon les 3 000 premiers bulletins dépouillés hier au siège parisien d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), l’ancienne magistrate arrive largement en tête du second tour de cette primaire ouverte avec plus de 60% des voix devant Nicolas Hulot. Certes, les responsables de EE-LV sont encore loin d’en avoir terminé avec les 9 000 enveloppes reçues. Les votes Internet des 13 778 sympathisants ne seront, eux, connus que demain. Mais l’affaire semble pliée.

«Contre-courant». Les premiers bulletins papier livrent une vérité: «Les reports de voix d’Henri Stoll et Stéphane Lhomme [les deux autres candidats du premier tour, ndlr] profitent très fortement à Eva Joly», fait-on savoir chez les écologistes. Et comme la députée européenne avait manqué, avec 49,75%, la qualification d’une soixantaine de voix, malgré quelques signaux laissant croire à plus de suspense, la surprise Joly se confirme. «L’entre-deux tours n’a pas changé grand-chose, analyse Sergio Coronado, directeur de campagne d’Eva Joly. Nicolas Hulot a été à contre-courant. Il a eu des déclarations malheureuses en mettant en garde les électeurs contre un « repli »… Ça ne pouvait pas plaire aux écologistes.»

Aveuglé par la notoriété de leur champion, le camp Hulot accuse le coup. Réaction amère par SMS de Jean-Paul Besset, député européen et ami du candidat: «Le parti écologiste a choisi de se priver de celui qui incarne l’écologie aux yeux de millions de Français. Comprenne qui pourra ! C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied.» Déçu, Pascal Durand, porte-parole de EE-LV et proche de Hulot, préfère insister sur la «maturité» des écologistes. Ils ont été près de 23 000 (plus de 70% de participation) à s’impliquer dans cette désignation contre 6 000 pour la primaire d’il y a cinq ans. «Il y a eu une incompréhension de la démarche de Nicolas, observe Durand. Il y avait des idées préconçues sur lui : l’image de TF1 est un peu réductrice. C’est même un euphémisme… Eva a su, elle, trouver les mots.»

«C’est un vote politique, assume pour sa part Yannick Jadot, porte-parole de Joly. Eva propose une capacité et une volonté d’exercer le pouvoir.»«C’est un vote d’adhésion ancré dans l’écologie d’en bas. On sait qu’on a affaire à quelqu’un qui s’engage dans la durée», complète François de Rugy, député de Loire-Atlantique. Après une primaire tendue, marquée par plusieurs débats très durs, le rassemblement va être difficile. Dans l’entre-deux tours, Hulot avait déclaré n’être «pas convaincu qu’Eva Joly ait très envie de travailler avec un ancien animateur de télé, un représentant des multinationales et un suppôt de la droite». Ambiance…

A Nantes, Cécile Duflot, officiellement «neutre» mais penchant pour Hulot, a commencé le rappel des troupes. «On a le devoir de travailler ensemble et de dépasser des moments qui ont pu être compliqués pour les uns et les autres», a déclaré samedi la secrétaire nationale de EE-LV en marge d’un conseil fédéral du parti. La patronne des écologistes a déjà discuté avec Joly et s’est entretenue plusieurs fois au téléphone avec Hulot. Elle compte réussir la photo de famille des journées d’été de EE-LV à Clermont-Ferrand du 18 au 20 août. De quoi offrir une rampe de lancement à la candidate pour la présidentielle.

«Convivial». «Eva n’est pas dans un esprit de revanche», jure Coronado. Selon lui, la Franco-Norvégienne – première candidate à la présidentielle sous la Ve République à avoir la double nationalité – a appelé Hulot avant le déplacement en Loire-Atlantique. Un échange «amical et convivial», insiste-t-on. «Ils ont décidé de se voir très vite. Peut-être avant mardi», dit Coronado. «On verra quelles sont les intentions et le fond de la campagne», prévenait Besset avant le deuxième tour. Hulot aux côtés de Joly après l’été? «On a besoin d’une écologie forte et pas divisée, plaide Pascal Durand. Après, il y a une part du choix qui sera personnelle.» Les vacances ne peuvent que lui faire du bien.

Par LILIAN ALEMAGNA, liberation.fr

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